Galerie Fatiha Selam » Jörg GESSNER

Jörg GESSNER

La feuille d’ombre

Du 12 mars au 30 avril 2016

 

Vernissage le samedi 12 mars de 16h à 20h

La galerie Fatiha Selam est très heureuse de présenter la deuxième exposition personnelle de Jörg Gessner. Fidèle au papier washi traditionnel qui caractérise sa pratique, la nouvelle série de l’artiste se place dans la continuité de ses travaux précédents tout en proposant une nouvelle orientation de sa recherche, entre vibration et dissolution. Tournez donc la page pour découvrir le second chapitre de ce roman sans mots.

FIAT LUX, par Henri-François DEBAILLEUX

Du papier. Seulement du papier. On devrait même dire des papiers tant Jörg Gessner utilise un nombre impressionnant de feuilles différentes. Mais cela ne se voit pas. Il révèle que si dans certaines œuvres il peut se satisfaire d’une dizaine de couches, dans d’autres, les plus grandes, il peut aller jusqu’à une centaine de feuilles. Evidemment, elles ne sont pas superposées, mais combinées les unes aux autres. Beaucoup de papier donc, mais sans colle, jamais, simplement tendu.

Si Jörg Gessner parle facilement des qualités du papier, il garde en revanche son secret de fabrication des œuvres. Comme une part d’ombre, d’autant plus légitime que le principal sujet de son travail est la lumière. Et bien plus que des détails techniques, ce qui (lui) importe c’est le résultat final qui ne supporte aucune imperfection pour capter au mieux la lumière et suppose un long travail en amont notamment dans la recherche des meilleurs papiers. Jörg Gessner ne cache pas cette autre part non visible que sont les voyages, les rencontres, les échanges, qui, véritable quête et cheminement nécessaires, font partie de l’œuvre. Le temps en est en effet une des composantes essentielles, indissociable de la lumière. Le temps qui passe, le temps qu’il fait  et la simultanéité des deux qui va constamment modifier chaque tableau. On pourrait aussi ajouter le temps de la mémoire qui nourrit le tableau de son « process ».

Pierre Soulages a souvent répété que ce n’était pas tant le noir qui l’intéressait dans sa peinture que la façon dont le noir accrochait et réfléchissait la lumière. Il a également précisé que ce n’était pas le tableau en lui-même qu’il fallait regarder mais ce qui se passait devant, là où la lumière réagissait au noir. Avec Jörg Gessner, c’est l’inverse : d’une part il joue lui avec le blanc, même si en arrière fond il utilise du noir, pour donner plus de profondeur à l’œuvre. Mais surtout, c’est ici dedans qu’il faut regarder, au cœur même du tableau où battent les vibrations, les sensations, les émotions. Là où bat le cœur du monde. Car au-delà de la passion revendiquée de Jörg Gessner pour le papier, celui-ci lui sert aussi d’écrin et d’écran pour, non pas pour refléter la lumière (quoique…) mais pour la capter. Le papier comme un buvard, jouant de sa porosité pour absorber la lumière, la transformer de façon quasi  alchimique, la cristalliser, la faire jouer, comme on le dirait d’un instrument de musique, toute la gamme des nuances possibles. Le papier comme surface vacante, disponible, réceptive, prête à s’imprégner de tous les rayons, même le moindre,  pour guider la lumière dans ses fils, ses fibres et ses trames, la traduire  en impressions et lui faire raconter des états (d’âme). On ne peut dès lors plus parler de feuille blanche.

 

Jörg Gessner est né en 1967 à Rüdesheim am Rhein, en Allemagne. Il vit aujourd’hui à Lyon et Paris. Cette exposition personnelle est la deuxième à la galerie Fatiha Selam, suivant le Chapitre I présenté en septembre 2014.

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